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OUDOUANE ET TCHITCHI

Dernière mise à jour : avr. 7




Le livre Oudouane et Tchitchi est un conte philosophique inspiré des modèles rhétoriques et genres oraux littéraires des civilisations, cultures et sociétés kanak des îles et de la Grande-Terre. Le texte s’inscrit dans les recompositions contemporaines du patrimoine des généalogies, histoires et récits kanak mais aussi dans les traditions occidentales des contes philosophiques. L’écriture reprend les traditions classiques des contes philosophiques de la Grèce, du monde arabo-persan, plus connus en Europe notamment avec les fables de La Fontaine qui reprend celles d’Ésope, des contes philosophiques de Voltaire qui se réfère aux contes arabes dont Zadig (mot arabe signifiant la vertu) ou encore de Montesquieu et des Lettres persanes. Le procédé est en apparence simple dans la mesure où il s’adresse aux enfants. Mais des lectures différenciées ou à d’autre niveaux montre qu’il est destiné également aux adolescents et adultes.
L’écriture est faite par un auteur confirmé qui connait de l’intérieur les cultures et sociétés en présence en Nouvelle-Calédonie. Le texte a été lu, relu et approuvé par le comité de lecture de l’AEDE (Association des écrivains de la Nouvelle-Calédonie). Publié dans une première version, Oudouane et Tschitschi est remanié pour lui conférer une forme encore beaucoup plus fluide. La transcription des mots référencés aux langues kanak est délibérément phonétique pour que tous les lecteur.e.s francophones d’ici et d’ailleurs puissent avoir un accès facile au récit.
Le récit vise tous les publics francophones d’ici et d’ailleurs. Bien qu’il s’agit d’une fiction, certains thèmes touchent de près aux histoires kanak : transgression des tabous qui déclenchent des guerres et des maladies, sens du respect et de la hiérarchie sociale et coutumière, valeurs morales de la politesse et de la courtoisie etc.
Le contenu éthico-sociale vise de manière indirecte les déviances des conduites des jeunes et moins jeunes qui sont une des causes des dissenssus de la société civile. Ainsi l’orgueil viril et la surenchère dans la querelle sont une des thématiques morales des codes des comportements des groupes déviants.
Le style imite les procédures rhétoriques orales mais les déplace vers l’espace public littéraire. Les références aux noms kanak aident les jeunes à s’identifier aux personnages. Dans les écoles maternelles, alors que le public n’est pas forcément européen, les textes mobilisés usent de prénoms européens. Les choix des noms renvoient délibérément à la panoplie des noms et toponymes des pays kanak. Mais surtout les fins proposées du conte philosophique sont de provoquer et susciter la réflexion, le débat et les discussions sur des thématiques difficiles auxquelles les enfants ont droit de participer :
- Tout acte est-il à punir ?
- La justice et l’injustice ?
- Comment surmonter les violences, les haines et la colère ?
- Le travail sur la souffrance et l’empathie, etc.
Mathieu Venon et Zay sont deux artistes calédoniens dont les recherches et travaux s’approchent de l’Océanie. Peintres reconnus, ils produisent des travaux, des créations qui sont des recherches esthétiques océaniennes innovantes. La qualité artistique de ce travail est une initiation au monde de l’art, au goût et aussi aux valeurs universelles kanak. Les illustrations sont des œuvres picturales à part entière et montre une réelle valeur esthétique à la hauteur du contenu de ce livre.




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